Les chiffres ne mentent pas : chaque année, des milliers d’habitations sont victimes d’incendies liés à un défaut d’entretien des conduits de fumée. Le ramonage, loin d’être un simple rituel administratif, s’impose comme une routine incontournable pour les propriétaires comme pour les locataires. Pourtant, dès qu’il s’agit de fiscalité, la brume s’épaissit : entre mythe du crédit d’impôt et déduction de charges, la frontière reste floue pour beaucoup.
Ramonage et fiscalité : ce qu’il faut savoir en 2025
Faire ramoner ses conduits ne se limite pas à éviter les désagréments d’un feu de cheminée. En 2025, cette démarche soulève encore une question récurrente : le ramonage est-il déductible des impôts ? L’obligation demeure, dictée par le règlement sanitaire départemental, pour garantir la sécurité et limiter tout risque d’intoxication au monoxyde de carbone. Mais sur le plan fiscal, la réponse ne coule pas de source.
Du côté des propriétaires bailleurs optant pour le régime réel, les dépenses engagées pour l’entretien,dont le ramonage fait partie,peuvent être déduites des revenus fonciers. Un justificatif suffit : la facture et le certificat de ramonage doivent accompagner la déclaration. En revanche, ceux relevant du micro-foncier bénéficient d’un abattement global de 30 %, sans possibilité de détailler ce type de frais.
Côté propriétaires occupants et locataires, la règle change. Ici, le ramonage reste une opération courante d’entretien : pas de déduction, pas de crédit d’impôt, cette dépense n’a aucun effet sur l’imposition. Elle demeure à la charge du ménage.
La réglementation distingue clairement les travaux d’entretien et de réparation, les travaux d’amélioration et ceux relevant de la construction ou de l’agrandissement. Seuls les deux premiers, sous réserve des critères et du statut du déclarant, peuvent entrer en jeu dans le calcul des revenus fonciers.
En fin de compte, la déductibilité du ramonage s’adresse surtout aux bailleurs qui choisissent le régime réel. L’obligation, elle, pèse sur tous, sans exception.
Crédit d’impôt pour le ramonage : mythe ou réalité ?
Nombreux sont ceux qui espèrent alléger leur facture de ramonage grâce à un crédit d’impôt. Pourtant, la réalité fiscale tranche : en 2025, le crédit d’impôt ne concerne pas cette dépense. La loi fiscale française s’appuie sur des textes précis, notamment l’article 200 quater du Code Général des Impôts, qui encadre les aides à la rénovation énergétique via des dispositifs tels que MaPrimeRénov’ ou des subventions pour améliorer la performance thermique des logements.
Le ramonage étant classé dans les opérations d’entretien courant, il échappe aux avantages du crédit d’impôt. Seuls certains investissements, comme l’installation d’équipements performants (isolation, chaudière haute efficacité, systèmes de chauffage modernes), ouvrent droit à ce coup de pouce fiscal. Faire intervenir un professionnel pour nettoyer les conduits, même avec un certificat de ramonage à la clé, ne suffit pas.
Il existe toutefois quelques cas particuliers, notamment autour de la TVA à taux réduit pour certains travaux dans l’ancien. Mais le crédit d’impôt, lui, ne s’applique pas au ramonage. Les foyers en quête d’un avantage fiscal devront se tourner vers des opérations de rénovation plus ambitieuses ou s’orienter vers d’autres dispositifs. La France maintient une distinction stricte : l’entretien obligatoire n’est pas assimilé à un investissement ouvrant droit à un avantage fiscal.
Propriétaires bailleurs : comment déduire les frais de ramonage de vos revenus fonciers
Pour le propriétaire bailleur, un ramonage mené dans les règles n’est pas qu’une formalité : il s’agit d’une dépense qui peut venir alléger la fiscalité, à condition de respecter certaines conditions. La législation, précisée par l’article 31 du Code Général des Impôts, distingue clairement ces frais d’entretien des travaux de construction ou d’agrandissement. Le régime réel permet de déclarer le montant exact des dépenses d’entretien et de réparation effectuées sur un bien en location, à condition de justifier chaque intervention.
Pour que la déduction soit acceptée, il est nécessaire de rassembler les éléments suivants :
- Le ramonage est réalisé annuellement ou semestriellement, selon les prescriptions du règlement sanitaire départemental.
- L’intervention doit être facturée par une entreprise qualifiée.
- Le certificat délivré doit être conservé, notamment en cas de sinistre pour l’assurance.
Ainsi, l’administration fiscale classe le ramonage dans la catégorie des travaux d’entretien nécessaires à la préservation du bien immobilier. Cette dépense, déductible dans le cadre des frais de gestion, contribue à optimiser la rentabilité de l’investissement locatif tout en respectant l’obligation légale. Chaque justificatif recueilli devient un atout en cas de contrôle ou de litige avec l’assurance.
Respecter ses obligations légales pour éviter les mauvaises surprises
Le ramonage, ce n’est pas une question de confort : c’est une obligation légale, régie par le règlement sanitaire départemental. Chaque département impose une fréquence minimale, bien souvent annuelle, parfois semestrielle selon le type d’appareil et l’intensité de son usage. Propriétaires, locataires ou bailleurs, personne ne peut s’y soustraire. La réglementation ne laisse aucune place à l’approximation.
L’objectif : écarter les risques d’incendie et prévenir toute intoxication au monoxyde de carbone. En cas de sinistre, l’assurance habitation exigera un certificat de ramonage émis par une entreprise qualifiée. Ne pas pouvoir présenter ce document, c’est s’exposer à un refus d’indemnisation. Il est donc capital de choisir un professionnel reconnu et de s’assurer que le certificat remis après l’intervention est bien conforme.
Les modalités à retenir pour chaque situation :
- Pour une résidence principale, le locataire doit réaliser le ramonage.
- Le propriétaire bailleur, quant à lui, veille à ce que l’obligation soit respectée sous peine de voir sa responsabilité engagée.
- Les locaux professionnels, tout comme les logements occupés par des personnes âgées ou en situation de handicap, sont soumis à la même exigence.
Le ramonage s’applique autant aux conduits de cheminée traditionnels qu’à ceux des chaudières. Miser sur un service fiable et s’assurer de la validité du certificat fait la différence lors d’un contrôle ou d’un litige. Respecter la réglementation, c’est préserver la sécurité de tous les occupants et garantir la valeur du bien. Négliger cette étape, c’est ouvrir la porte à bien des déconvenues.


